La paresse du cadavre
Voilà, ci-dessous l'extrait de mes délires personnels, quand je m'ennuie à Toulon et qu ej'ai plus envie de travailler, ben j'écris une histoire. j'aimerais bien la finir et la mettre en entier sur internet. Enfin pour le moment voilà les premières lignes que j'ai recopié à l'ordi (c'est ça le plus chiant lol). Pour le titre je sais pas encore, peut-être "la paresse du cadavre". Mais peut-être pas. Quoi qu'il en soit voici :
" Ce matin, à 6h47, je me suis encore levé. C’est décidément trop tôt pour émerger de nos songes. C’est souvent d’eux que je désire continuer. L’arrêt de bus et eux. Le bus est là, toujours à l’heure sauf quand on est en retard. Là il passe même en avance. Peu importe. Les arbres, leurs feuilles sont en train de tomber encore. Il y a toujours autant de mégots sur les trottoirs. Enfin je crois, car en fait tout défile trop vite. Tout défile et la sensation de passivité s’accentue. Les gouttes commencent à rendre flou ce paysage. Elles tombent de plus en plus vite, le bus lui aussi continue sa course folle. Nicolas parle de choses insignifiantes. Il parle de tellement de choses que finalement je ne comprend plus ce qu’il dit. Nicolas il y a encore quelques jours fumait. IL a arrêté et il a sûrement raison. Mais c’est difficile de savoir. Il y a plein d’autres facteurs qui font penser qu’il aurait tout aussi bien fait de continuer. Cela fait des emplois. L’Etat doit bien se faire de l’argent là-dessus. Si il faut au total çà rapporte plus d’argent que les fumeurs continuent à fumer et que quelques uns aient des cancers des poumons qui seront largement soignés avec l’argent de tous les autres. En fait, je dis ça à l’instant dans un bus où il y a des ceintures de sécurité que personne ne met alors qu’un panneau bien en vue nous informe de l’obligation de son port et par-dessus le marché je ne sais pas de quoi parler en réalité. Juste histoire d’avoir des pensées pour ce pauvre Nicolas qui est de plus en plus en manque. Moi aussi je suis en manque. De plein de choses me semble-t-il. Ce trajet n’est jamais assez court le matin et toujours trop long le soir. À l’arrivée, rien que du déjà vu. Pas tout à fait à dire vrai. La bâtisse insensiblement s’affadit, la poussière jour après jour creuse ses sillons dans les fissures des façades. Les vitres inlassablement nettoyées ne gardent que peu de temps, une nuit, un week-end peut-être, leur translucidité. Ce qui est plus beau, c’est la progression infime de la vie qui, au milieu du bruit et des fumées, germe sans se reposer. Toujours. Une besogne quotidienne, patiente, qui ne cessera jamais sans doute. Un sens plus profond que l’entêtement doit être derrière ces croissances perpétuelles. Comme si jamais, jamais la mort devait faire renoncer à la vie. Parfois, je me demande tout de même si cet entêtement n’est pas propre à l’inconscience de la nature. Si au fond les quelques personnes qui décident d’arrêter le cycle de la vie, de partir avant même de s’être perpétué ne sont pas ceux qui décident de prendre pleinement conscience de leur fin. De cesser de faire semblant de ne pas savoir que la mort est parmi nous. Ou peut-être que continuer à engendrer et à vivre tant que l’on peut, c’est simplement s’affirmer comme partie intégrante de la nature, faire preuve d’humilité. Mais en voyant certains profs, et pire encore le proviseur, le plus souvent papilloté dans un costume sobre mais garni d’une cravate aux motifs colorés, je me demande si l’on peut réellement continuer à parler de nature. Le huitième jour arrive, c’est encore le premier. Cette monotonie, dans l’effrayante circularité qui en est l’essence au fond, c’est de l’ennui. Nicolas me raconte son week-end époustouflant. À ce qui paraît, une “nana” l’aurait regardé d’un regard si profond alors que sa mère s’arrêtait pour la laisser passer, que c’est comme si ils étaient “sortis ensemble”. Il a aussi commencé à lire les Fleurs du Mal. il adore la poésie. Enfin je crois. Devant la salle peu à peu tous les potes arrivent, et puis tous les autres à qui l’on dit bonjour."
Voilà, j'espère que vous avez eu le courage de tout lire parce que c'est un peu long et sur un ordinateur c'est pas évident du tout de lire je trouve. Le papier ne peut décidément pas être remplacé.
